Carnet de route

En stage de formation commune instructeur…

Le 10/05/2026 par MB

Jeudi, 14h : départ pour l’Hérault, plus précisément le village de Saint-Guilhem-le-Désert à une quarantaine de kilomètres de Montpellier pour le stage de formation commune instructeur de la FFCAM. Un instructeur c’est quoi ? C’est le formateur de formateurs de la FFCAM, c’est lui qui préside à la formation des initiateurs avec l’aide d’un professionnel (guide, AMM selon les disciplines). Pour moi il s’agit plus modestement de devenir "moniteur carto-orientation", ce qui me permettra, si je termine et valide le cursus, de pouvoir encadrer des stages carto-orientation de niveau 2 (« Perfectionné 3.3 environnement montagne » dans les nouveaux cursus). Mais je n’en suis pas là !

Direction Saint-Guilhem-le-Désert donc, via Paris et Montpellier ! J’y arrive le lendemain en fin de matinée. Je peux déposer mes affaires au chalet CAF avant de découvrir un peu le coin. Saint-Guilhem-le-Désert est une petite « cité de caractère », un très beau village en fait, et la balade dans et autour du « cirque de l’Infernet » me permet de découvrir des points de vue magnifiques.

Retour au gîte… Les formateurs Françoise, Dominique et Benjamin sont au travail (les deux premiers sont instructeurs formateurs à la FFCAM et le troisième guide et formateur à l’ENSA). Mes collègues stagiaires arrivent peu à peu : François de Bordeaux, Cathy, Frédéric, Valentin et Yann des Pays de la Loire, Nicolas de Lyon, Gwen d’Annecy, Maria également d’Annecy. Il manque Nathalie en provenance des Pyrénées qui arrivera demain matin et Pierre-Michel de Bordeaux dont nous n’avons pas de nouvelles. La soirée permet de faire connaissance. L’accueil de Catherine, gardienne du gîte, est chaleureux et la nourriture bonne et abondante. D’origine belge, une de ses spécialités est « les frites belges » qui s’avèrent délicieuses. Le gîte est rustique mais confortable tout de même et il a du caractère. Le dortoir avec ses couchettes alignées permet de se croire en refuge de montagne !

Samedi 8h45 : nous sommes tous réunis dans la salle Gouberne prêtée par la mairie (à l’exception de Pierre-Michel qui ne viendra pas). Les objectifs du stage intitulé « Pédagogie et didactique pour mieux intégrer l’humain dans la sécurité des activités FFCAM » sont présentés : il s’agit de construire un référentiel commun, de faire monter en compétence les (futurs) instructeurs et de faire évoluer la posture des formateurs (pédagogie, facteur humain).

Avant de rentrer dans le vif du sujet, nous commençons par des présentations croisées qui nous permettent de nous connaître un peu plus. Ensuite la première question nous est posée : « Qu’est-ce qu’un bon formateur ? ». Nous travaillons en sous-groupes avec l’objectif de faire un dessin (annoté) caractérisant le « bon formateur ». Chaque groupe présente ensuite sa production ce qui permet de dégager un « tronc commun » avec deux volets : ce qui est lié à l’humain // savoirs- connaissances. Des apports et des compléments théoriques sont ensuite apportés par les formateurs. Sans rentrer dans les détails citons : l’espace d’apprentissage avec ses trois points-clés : pédagogie- posture / didactique – canevas/ phases d’apprentissage – timing ; notons qu’on peut apprendre en pensant, en faisant, en échangeant, en observant ; il est important de s’appuyer sur le « déjà-là » ; l’utilisation d’un canevas est nécessaire…etc…

Avant de rentrer manger au gîte, le programme de l’après-midi est présenté. Nous sommes répartis en 3 groupes selon nos disciplines de prédilection avec une thématique : randonnée (orientation) / escalade alpi   / nivologie – une problématique est proposée dans chaque groupe (rando-orientation : orientation sur smartphone, préparer une évaluation terrain de quelques compétences / nivologie : préparer une séance de présentation du BERA et des situations avalancheuses typiques/ alpi : progression en corde courte). Initialement intégrée dans le groupe « nivologie », l’absence de Pierre-Michel me permet de participer finalement au groupe rando-orientation. Il ne faut pas croire que ça rend les choses plus simples ! Il s’agit de concevoir et d’animer un module de formation, travail didactique et pédagogique.

Après le repas, nous avons une heure et demie pour préparer un canevas et la séquence. Pas évident de s’accorder à quatre, pas évident trouver ma place ! Bon gré, mal gré, nous construisons notre séance et nous l’animerons… Mais problèmes de timing, de canevas mal définis, ce ne sera pas la séquence du siècle mais le debriefing qui s’ensuivra sera formateur ! Entre temps les autres ateliers ont eu lieu.

Retour au gîte où nous passons une bien agréable soirée…

Dimanche : ce second jour est plus particulièrement centré sur la facteur humain – « L’humain au cœur des attentions ».

Nous commençons par regarder une vidéo d’accident sur laquelle nous allons mettre des mots en tentant de cerner les causes dudit accident. Chacun inscrit des mots-clés sur des post-it. Bien vite à la lecture des mots, on distingue deux sortes de causes : l’aspect technique – matériel qui peut se régler assez facilement // le facteur humain plus complexe. Nous poursuivons avec des apports théoriques sur le fonctionnement de la pensée et les facteurs humains. Pas toujours simple mais des exemples permettent d’illustrer les notions…

Alors, comment apprendre à « mieux décider » ? Nous faisons le tour des outils que nous connaissons et que nous utilisons déjà pour préparer les sorties, ou pendant celles-ci. Puis Benjamin nous présentera « guidoss », un outil développé par l’ENSA pendant le confinement et qui prend en compte, entre autres, les ressentis non seulement de l’encadrant mais aussi des participants. Par ailleurs Benjamin nous présente des exemples de retex (retours d’expérience) rédigés par les guides ; partages d’expériences, analyse de situations – même dans des cas n’ayant pas abouti à un accident… Notons encore que, lors d’une sortie, il est important d’associer les participants que ce soit avant, pendant ou après. Un « brainstorming silencieux » nous permet de faire l’inventaire des différents outils et méthodes qui y contribuent.

La matinée se termine. Dernier repas au gîte puis nous nous retrouvons une dernière fois pour faire une synthèse et mettre en évidence la didactique du stage. Ce dernier se termine par un tour de table final et une autoévaluation en cinq points permettant de mesurer où nous en sommes.

Bilan : un stage riche et fort intéressant avec des échanges fournis et instructifs… dans un cadre magnifique, ce qui ne gâte rien !

Merci à Françoise, Dominique et Benjamin nos formateurs !

Merci à tous les participants pour leur dynamisme et leur bonne humeur !

Merci à Catherine la gardienne du chalet CAF pour son accueil chaleureux et ses bons petits plats !







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